FORA’ESS • 2e édition • Dakar 2026

Pré-forum Femmes

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PARTIE 5 : PRE FORUM FEMMES

Avec les femmes pour une économie sociale et solidaire forte, durable et transformatrice en Afrique. Consultez le rapport ici : [lien]. Le Pré-forum des Femmes de l’Économie so- ciale et solidaire s’est tenu le 6 juillet 2026 au Grand Théâtre de Dakar, en prélude au FORA’ESS Dakar 2026, sur le thème : « Renfor- cement du pouvoir économique des femmes en Afrique ».

Il avait pour finalité de créer un espace de dialogue, de capitalisation, de co- construction et de plaidoyer permettant aux femmes actrices de l’ESS de porter une contri- bution structurée au Forum africain de l’Éco- nomie sociale et solidaire. Le Pré-forum a réuni plus d’une centaine d’ac- trices, au-delà des 115 participantes atten- dues.

La mobilisation a confirmé une forte diversité de profils : actrices économiques de base, organisations communautaires, GIE, coopératives, réseaux de femmes, structures de formation et d’incubation, institutions pu- bliques, partenaires techniques et financiers, ainsi qu’une participation africaine plurinatio- nale.

Cette diversité a montré que l’ESS fémi- nine n’est pas une abstraction institution- nelle : elle existe déjà dans les territoires, les filières productives, les marchés, les groupe- ments, les coopératives, les systèmes d’épargne communautaire et les initiatives de transformation locale. La ligne de force politique qui s’est imposée tout au long de la journée peut être résumée ainsi : passer de la reconnaissance symbolique des femmes à l’effectivité économique de leur pouvoir. Les femmes de l’ESS ne sont pas de simples bénéficiaires de projets.

Elles sont productrices, transformatrices, commer- çantes, dirigeantes de coopératives, anima- trices de mutuelles, organisatrices d’épargne communautaire, entrepreneures sociales et créatrices de valeur dans les territoires. La note de position consolidée après les travaux de groupes et la plénière de clôture affirme que le renforcement du pouvoir économique des femmes n’est pas un slogan d’autonomisation, mais la reconnaissance d’un fait : les femmes de l’ESS constituent déjà une infrastructure économique, sociale et territoriale majeure.

Les interventions d’ouverture, les échanges institutionnels, les témoignages de terrain et les travaux de groupes ont convergé vers une même thèse : renforcer le pouvoir économique des femmes, c’est transformer leur contribu- tion réelle en pouvoir effectif. Ce pouvoir se traduit par la capacité de décider, produire, investir, accéder aux ressources, mutualiser les moyens, vendre sur les marchés, être repré- sentées dans les instances de décision et rendre les engagements vérifiables

PARTIE 5 · PRÉ-FORUM FEMMES Priorité finale Portée Reconnaissance institutionnelle et représentation effective garantir que les femmes de l’ESS soient présentes dans les espaces où se prennent les décisions relatives aux politiques, aux ressources et aux mécanismes de suivi. Financement structurant, progressif et adapté passer du microcrédit de survie à des mécanismes de financement capables d’accompagner le cycle réel des activités féminines, depuis la production jusqu’au passage à l’échelle.

Accès sécurisé aux ressources productives, aux infrastructures et à la mutualisation économique sécuriser le foncier, l’eau, l’énergie, les équipements, les infrastructures mutualisées, les intrants, les emballages et les centrales d’achat communautaires. Marchés locaux, commande publique, stratégie commerciale et chaînes de valeur dépasser une conception abstraite de l’accès au marché en accompagnant la conquête du marché local, la diversification des produits, la préparation commerciale, la labellisation, la certification et la soumission aux marchés publics et privés.

Formation continue, formalisation utile, professionnalisation et assistance technique remplacer les formations ponctuelles par des parcours complets intégrant gestion, formalisation, comptabilité simplifiée, leadership, digitalisation, agréments, codesbarres, qualité, emballage et traçabilité. Alliance africaine, ancrage territorial et redevabilité des engagements faire du Pré-forum le point de départ d’une dynamique durable, portée par une alliance africaine, un ancrage dans les collectivités et un mécanisme de suivi.

Le Pré-forum propose d’inscrire huit engage- ments prioritaires dans la Déclaration de Da- kar : ■ Reconnaître officiellement les femmes comme actrices économiques centrales de l’ESS. ■ Garantir leur représentation dans les es- paces de décision, de concertation, de financement et de suivi. ■ Mettre en place des mécanismes de finan- cement adaptés aux cycles productifs des femmes. ■ Sécuriser l’accès aux ressources produc- tives, aux infrastructures et à la logis- tique. ■ Ouvrir effectivement l’accès aux marchés locaux, publics, privés, territoriaux et institutionnels. ■ Déployer des parcours continus d’accom- pagnement, de formalisation et d’assis- tance technique. ■ Soutenir les innovations utiles et la mu- tualisation économique. ■ Créer un mécanisme de suivi des engage- ments, avec comité, tableau de bord, indicateurs, revue périodique, capitalisa- tion annuelle et ancrage territorial.

Le mécanisme de suivi proposé repose sur une logique simple : ne pas créer une structure de plus, mais rendre visibles les engagements et vérifier ce qui change réellement dans le pou- voir économique des femmes. Il se décline en huit chantiers : gouvernance, financement, ressources productives, marchés, assistance technique et formalisation, digitalisation et innovation, ancrage territorial, capitalisation et alliance africaine.

Sans les femmes, il n’y aura pas d’économie sociale et solidaire forte, durable et transformatrice en Afrique. Le message final est clair : le Pré-forum ne de- mande pas que les femmes soient davantage aidées à survivre. Il demande que l’on inves- tisse dans celles qui font déjà tenir une part essentielle de l’économie réelle. Il appelle le FORA’ESS Dakar 2026 à inscrire le renforce- ment du pouvoir économique des femmes dans ses conclusions, ses engagements, son mécanisme de suivi et la Déclaration de Dakar. Synthèse du déroulé – Pré-forum des Femmes de l’ESS 1.

Cadre et architecture de la journée Lors de cette journée, plus d’une centaine d’actrices y ont pris part, au-delà des 115 parti- cipantes attendues. La journée n’a pas été pensée comme une suite de discours. Le format était participatif et orienté résultats. Le but : produire une note de position directement exploitable par le Forum principal. Le dispositif s’est articulé en trois phases suc- cessives : 1. Capitalisation et mise en contexte. Montrer ce que les femmes de l’ESS font déjà, à partir de cas concrets. 2. Dialogues stratégiques.

Relier ces réalités aux politiques publiques, au financement, à la formation et à la coopération africaine. 3. Co-construction des recommandations. Traduire les échanges en propositions opéra- tionnelles, à travers des travaux de groupes puis une consolidation en plénière. Concrètement, la journée a enchaîné huit mo- ments : accueil et enregistrement, cérémonie d’ouverture, projection audiovisuelle, inter- ventions institutionnelles, panel d’expé- riences, travaux de groupes, restitution, puis plénière de clôture.

L’architecture prévue a été tenue, avec quelques ajustements liés au temps et à l’organisation. 2. Déroulé des séquences plénières 2.1. OUVERTURE ET CADRAGE POLITIQUE Les interventions d’ouverture ont fixé le ton. Le FORA’ESS doit déboucher sur des propositions concrètes, pas sur un événement de plus sans suite. Autre affirmation forte : l’ESS n’est ni une

PARTIE 5 · PRÉ-FORUM FEMMES économie secondaire ni une économie de sur- vie. C’est une économie d’avenir, ancrée dans les territoires, les communautés et les familles. Le message central : les femmes ne doivent plus être vues comme de simples bénéficiaires. Elles sont productrices, transformatrices, or- ganisatrices de solidarité locale et porteuses de solutions. Cette idée a nourri tout le reste de la journée. 2.2.

PROJECTION VIDÉO ET CAPITALISATION DES EXPÉRIENCES Des capsules vidéo ont donné un visage concret à l’ESS féminine : groupements de femmes, systèmes d’épargne et de crédit, co- opératives inter-territoriales, transformation locale, micro-jardinage, initiatives commu- nautaires. Le constat est net. Les solutions existent déjà. Le problème tient à leur dispersion, leur faible capitalisation, leur manque de reconnaissance et leur difficulté à changer d’échelle. 2.3.

INTERVENTIONS INSTITUTIONNELLES ET MINISTÉRIELLES Cette séquence a inscrit le sujet dans une pers- pective africaine. L’autonomisation écono- mique des femmes y a été présentée comme un impératif de développement et de stabilité, et non comme une simple question sociale. Une idée a marqué les échanges : le pouvoir économique d’une femme ne se mesure pas à son seul revenu. Il se lit dans sa capacité à déci der, investir, entreprendre, innover, créer des emplois et peser sur les choix de sa commu- nauté.

L’intervention ministérielle sénégalaise a ap- porté un cadrage opérationnel autour de quatre verbes : structurer, former, financer, valoriser. Elle a relié la réflexion à des leviers d’action publique précis : coopératives pro- ductives solidaires, formation technique, édu- cation financière, numérique, lignes préféren- tielles, fonds de mutualisation et mécanismes de garantie. 2.4. PANEL « EXPÉRIENCES DE TERRAIN ET ENTREPRENEURIAT SOCIAL » Le panel a mis en avant des modèles concrets.

Les témoignages ont porté sur l’inclusion des femmes vulnérables ou en situation de handi- cap, la formation professionnelle, l’incubation sociale, la formalisation, le cautionnement solidaire, l’épargne communautaire, les co- opératives féminines, l’innovation énergétique et le leadership. Trois leçons en ressortent : ■ Former ne suffit pas. Il faut accompagner les femmes jusqu’à la formalisation, au financement, au marché et à la gouver- nance. ■ Le financement doit être sécurisé autre- ment.

Cautionnement solidaire et méca- nismes de mutualisation sont des garan- ties adaptées. ■ L’innovation doit être utile. Elle doit ré- duire les coûts, améliorer la qualité et accroître l’autonomie économique. 3. Travaux de groupes thématiques La troisième phase a reposé sur cinq ateliers thématiques. Chaque groupe a suivi la même grille : problèmes prioritaires, recommanda- tions, acteurs responsables, conditions de réussite et message fort pour la note finale.

Atelier Problèmes prioritaires Recommandations clés Message porté 1. Accès au financement et à l’investissement Financement insuffisant ou inadapté ; taux et garanties peu compatibles avec la réalité des femmes ; faible accès à l’information financière Fonds dédiés ; garanties souples et cautionnement solidaire ; éducation financière et suivi comptable ; implication des collectivités Financer les femmes de l’ESS, c’est investir dans leur capacité productive, pas soutenir la survie. 2.

Gouvernance et leadership féminin Faible représentation dans les espaces de décision ; leadership peu reconnu ; dépendance et dispersion des coopératives Plateforme de leadership des femmes en coopérative, espace de formation et de plaidoyer ; partenariats publics et privés Promouvoir le leadership pour l’épanouissement des femmes dans les coopératives. 3.

Formation, normes et labellisation Manque de lieux de formation ; formations ponctuelles sans suivi ; accès difficile aux normes, foires et labels Formations continues et pratiques ; suivi post- formation ; accès aux foires ; soutien aux produits locaux Former doit conduire à produire mieux, vendre mieux et accéder aux marchés. 4.

Accès aux marchés Débouchés faibles ; saturation des mêmes produits ; coûts élevés des intrants et emballages ; difficultés d’agréments et de codes-barres Conquérir d’abord le marché local ; organiser par filière ; centrales d’achat communautaires ; assistance technique commerciale Ouvrir les marchés suppose une stratégie commerciale complète, du local aux circuits publics et privés. 5.

Innovation, digitalisation et évolution économique Faible diversification ; digitalisation insuffisante ; visibilité limitée ; peu d’accès aux appels d’offres Numérique utile à la production et à la vente ; diversification ; plateformes commerciales ; IA quand les conditions sont réunies L’innovation doit réduire les coûts, améliorer la qualité et ouvrir de nouveaux marchés. Les groupes n’ont pas remis en cause l’orienta- tion de la note.

Ils l’ont rendue plus opération- nelle, sur quatre points : la stratégie commer- ciale à partir du marché local, l’assistance technique (agréments, certification, embal- lage), la mutualisation économique et l’an- crage dans les collectivités. 4. Restitution, clôture et enseignements Chaque groupe a présenté ses conclusions en plénière. Les apports ont ensuite été intégrés à la note de position, validée lors de la plénière de clôture. Cette note est le principal résultat politique de la journée. Son fil conducteur : passer de la reconnaissance symbolique à l’ef- fectivité économique.

Elle se décline en six priorités : reconnaissance et représentation effective ; financement structurant et adapté ; accès sécurisé aux res- sources productives ; accès aux marchés ; for- mation continue et assistance technique ; al- liance africaine et redevabilité. Elle propose aussi huit engagements à inscrire dans la Dé- claration de Dakar, assortis d’un mécanisme de suivi (comité, tableau de bord, revue an- nuelle).

PARTIE 5 · PRÉ-FORUM FEMMES Trois enseignements transversaux se dégagent du déroulé : ■ Un fil cohérent du début à la fin. De l’ou- verture aux ateliers, toutes les séquences ont convergé vers la même idée : transfor- mer la contribution réelle des femmes en pouvoir effectif. ■ Un dialogue multi-acteurs réel. Actrices de terrain, réseaux, structures d’accom- pagnement, institutions et délégations africaines (Congo, Côte d’Ivoire, Came- roun, Bénin, Mauritanie, RDC, Gabon, Kenya) ont échangé dans un même es- pace. ■ Un écosystème vivant mais peu cartogra- phié.

La journée a révélé une ESS fémi- nine dense et active, mais encore insuffi- samment documentée. D’où la recom- mandation de transformer la liste de pré- sence en première base de suivi post-fo- rum Consultez le rapport ici : [lien].