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L E S A C T E S D U F O R A ’ E S S D A K A R 2 0 2 6 CÉRÉMONIE D’OUVERTURE
CÉRÉMONIE D’OUVERTURE Monsieur Ahmadou Al Aminou Mohamed LO, Premier ministre de la République du Sénégal « Je suis particulièrement heureux de vous accueillir à Dakar pour la deuxième édition du Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire, ayant pour thème « L’Économie sociale et solidaire : moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique. Je ne saurais ne pas rendre hommage au Cameroun qui a rallumé à Yaoundé cette flamme africaine de l’ESS qui plus jamais ne devra s’éteindre.
Je remercie l’Union européenne, l’Italie, l’Espagne, l’OIT et la Sonatel pour leur engagement. Pendant quatre jours, Dakar est la capitale africaine de l’Économie sociale et solidaire. Plus de 1 500 participants représentant 30 pays prendront part aux travaux, autour des valeurs africaines de partage, de solidarité et d’inclusion. Cette forme d’économie instituée déjà en 1236 dans la Charte du Mandé, et dont les principes se retrouvent dans la Charte de la Révolution Toroodo de 1776 de Thierno Souleymane Baal, est la seule économie de développement durable.
L’adoption de la Stratégie décennale de l’Union africaine sur l’ESS (2023-2032) ouvre une nouvelle étape : celle de l’opérationnalisation. Les jalons sont clairement recommandés par la Résolution 77/281 des Nations unies : cadres juridiques harmonisés, politiques publiques participatives, dispositifs de financement adaptés, systèmes statistiques distincts.
Yaoundé a posé avec acuité la nécessité d’un Observatoire africain de l’ESS, pour mesurer l’impact réel auprès de populations qui doivent être considérées comme des opérateurs économiques responsables de leur propre destin. Pour y arriver, l’Afrique doit parler d’une seule voix. Notre continent ne doit plus seulement adapter des modèles venus d’ailleurs ; il doit proposer au monde un modèle africain de développement fondé sur la dignité, la solidarité, la justice sociale et la valorisation des ressources locales.
Le Sénégal a choisi d’inscrire l’ESS au cœur de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. C’est dans cet esprit que Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye a décrété 2026 Année de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire. La présence d’autant de ministres africains en charge de l’ESS est un signal fort : le FORA’ESS Dakar 2026 doit déboucher sur un engagement ferme à mettre en œuvre la Stratégie décennale de l’Union africaine et à faire de l’ESS un pilier de l’Agenda 2063. Que FEMM’ESS inspire une nouvelle génération de femmes leaders.
Que JEUN’ESS révèle l’immense potentiel de notre jeunesse. Que le FORA’ESS fasse émerger une Afrique qui transforme ses solidarités en puissance économique, ses territoires en pôles de prospérité et ses valeurs en moteur de développement durable. Sur ces mots, je déclare officiellement ouverts les travaux du FORA’ESS Dakar 2026. Vive l’Afrique solidaire ! Vive l’Union africaine ! Vive le Sénégal ! »
Monsieur Achille BASSILEKIN III Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat – Cameroun, Président du Comité Adhoc FORA’ESS « C’est pour moi un immense honneur de prendre la parole à l’ouverture de la deuxième édition du Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire. Permettez- moi de transmettre à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye les salutations fraternelles de Son Excellence Monsieur Paul Biya, du Gouvernement et du peuple camerounais.
En ma qualité de Président du Comité ad hoc de suivi des résolutions de Yaoundé 2024, je voudrais exprimer notre gratitude aux autorités sénégalaises pour l’accueil réservé aux délégations venues de toute l’Afrique. La première édition, organisée du 28 au 30 mai 2024, a rassemblé près de 1 500 participants venus de 32 pays.
Pour la première fois, gouvernements, collectivités territoriales, réseaux coopératifs, institutions académiques, jeunes et femmes entrepreneures se sont réunis autour d’une ambition commune : construire une vision africaine de l’Économie Sociale et Solidaire. Yaoundé a consacré une conviction essentielle : l’Économie Sociale et Solidaire n’est ni une économie de substitution, ni une économie marginale. Elle constitue un levier de transformation structurelle capable de générer des emplois décents et de soutenir le développement des territoires.
Trois déclarations ont été adoptées — celle des Jeunes, celle des Maires, et la Déclaration finale — appelant à une institutionnalisation accrue de l’ESS dans les politiques publiques africaines. Les participants ont acté la création d’un Observatoire Africain de l’ESS, d’un Incubateur Panafricain, et la finalisation d’une Charte de gouvernance du FORA’ESS. Dans les États, l’appropriation progresse. Le Sénégal a intégré l’ESS dans sa stratégie nationale de développement et décrété 2026 année de l’économie sociale.
Le Cameroun a poursuivi ses travaux sur l’Observatoire national avec l’appui du BIT ; son modèle de Réseaux Locaux d’Économie Sociale (RELES) a été dupliqué dans plus d’une vingtaine de pays africains. La Côte d’Ivoire s’est dotée d’une loi sur l’économie sociale. Le Maroc a manifesté sa disponibilité à abriter l’Observatoire africain. Le Togo, le Gabon et le Bénin ont des projets de loi en cours d’examen.
Trois leçons se dégagent : l’ESS s’impose comme un champ d’action publique reconnu ; la coopération continentale est un facteur essentiel de réussite ; et il faut désormais accélérer le passage de la réflexion à l’action. Cette deuxième édition doit être celle de la consolidation et du changement d’échelle : opérationnaliser l’Observatoire et l’Incubateur, nouer de nouveaux partenariats, et inscrire l’ESS au cœur des stratégies nationales de développement. Une conviction s’impose : le FORA’ESS n’est pas un événement ponctuel ; il est devenu un mouvement continental.
Après Yaoundé, Dakar devient aujourd’hui le nouveau point de convergence de cette ambition africaine. Monsieur le Ministre Alioune Dione, au nom du Gouvernement de la République du Cameroun et du Comité ad hoc de suivi, j’ai l’insigne honneur de vous remettre officiellement le flambeau du FORA’ESS. Ce flambeau n’est pas un simple symbole. Il représente les espoirs de millions d’Africains qui aspirent à une économie plus humaine, plus inclusive et plus solidaire.
En le recevant, vous recevez la responsabilité de porter plus haut encore les idéaux du FORA’ESS et de contribuer à l’institutionnalisation durable de l’Économie Sociale et Solidaire sur notre continent. Vive la coopération entre le Cameroun et le Sénégal ! Vive l’Économie Sociale et Solidaire ! Vive le FORA’ESS ! Vive l’Afrique solidaire et entreprenante ! »
CÉRÉMONIE D’OUVERTURE Monsieur Malick DIOP Président du FORA’ESS « C’est avec une immense joie et une profonde gratitude que je prends la parole au nom des 30 délégations venues du continent africain, de la diaspora et d’ailleurs, membres du Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire.
Permettez-moi de rendre un vibrant hommage à Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République du Sénégal, pour son leadership et sa vision d’un développement inclusif dans une Afrique souveraine et prospère, riche de dynamiques économiques fortement ancrées dans la société et la culture africaines. Soyez, Monsieur le Premier Ministre, notre interprète auprès de Son Excellence. L’Afrique se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire.
Malgré des décennies de croissance économique affichée, les inégalités persistent, le chômage des jeunes s’aggrave, les territoires ruraux se fragilisent et les mécanismes classiques du développement montrent leurs limites. Une question s’impose : comment construire une prospérité qui profite réellement au plus grand nombre, et non à une minorité ou aux seuls indicateurs macroéconomiques ? C’est dans cette perspective que le FORA’ESS apparaît comme une initiative majeure, porteuse d’espoir et de transformation structurelle pour le continent.
Il n’est pas simplement un événement de plus dans l’agenda institutionnel africain. Il constitue un espace stratégique de réflexion, de dialogue et de construction collective autour d’un modèle économique centré sur l’humain. Il rassemble des chercheurs, des décideurs publics, des coopératives, des mutuelles, des entrepreneurs sociaux, des organisations de femmes et des mouvements de jeunesse, partageant une conviction commune : l’économie doit être au service de la société et non l’inverse. Disons-le clairement :
L’Économie sociale et solidaire ne nie pas le marché, mais refuse sa domination absolue. Elle ne rejette pas l’entreprise classique, mais refuse qu’elle soit l’unique acteur de création de richesse. Elle n’est pas une importation : elle est l’économie de nos territoires et de nos terroirs. Elle n’est pas une économie de substitution : elle est une économie de transformation. Elle n’est pas l’économie des pauvres ; elle est l’économie des peuples qui choisissent de construire ensemble leur destin.
Pourtant, l’ESS demeure souvent exclue des mécanismes classiques de soutien à l’économie, de protection sociale et de production de données scientifiques. Le principal défi n’est plus de démontrer l’utilité de l’ESS. Le défi est désormais de lui donner une place centrale dans les politiques et stratégies nationales de développement. Nos États africains gagneraient à l’intégrer pleinement dans leurs plans nationaux de développement, leurs programmes d’emploi, leurs stratégies agricoles et d’industrialisation, et leurs politiques de décentralisation.
C’est le projet d’une Afrique qui invente son propre modèle. Une Afrique qui refuse la fatalité, qui croit en ses propres ressources et qui entend bâtir un développement endogène, durable, souverain et profondément humain. À notre Ministre, Dr Alioune Dione, qui a porté à bout de bras ce défi panafricain, et au Comité Local d’Organisation conduit par le Directeur de cabinet Mamadou Ndiaye, j’adresse un vibrant hommage. Que Dakar 2026 s’inscrive résolument dans la promotion d’une Afrique unie dans sa pluralité, sa diversité, sa jeunesse et ses femmes. »
Son Excellence Monsieur Jean-Marc PISANI, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal « C’est un grand honneur pour moi de prendre la parole à l’ouverture de ce Forum africain de l’Économie sociale et solidaire, sous le thème : « Faire de l’économie sociale et solidaire un moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique ». Permettez-moi de saluer l’engagement remarquable du Sénégal en faveur de l’ESS. Sous votre leadership, le Sénégal fait figure d’avant-garde sur le continent africain.
Par sa vision, son cadre institutionnel et la vitalité de ses acteurs, votre pays montre que l’Économie sociale et solidaire n’est pas seulement une réponse sociale : elle est aussi une réponse économique, une réponse territoriale, et une réponse d’avenir. Permettez-moi d’articuler mon propos autour de quatre convictions. L’ESS apporte une réponse concrète aux attentes de la jeunesse.
Elle crée de la croissance, structure les territoires et propose des emplois ancrés dans les réalités locales — dans l’agriculture, la transformation, les services, l’artisanat, l’environnement, le numérique. L’ESS n’est donc pas une économie à la marge. Elle est une économie d’avenir. L’ESS porte la solidarité, la coopération et la compétitivité. L’Europe s’est construite sur ces fondements.
C’est parce qu’elle a su conjuguer la solidarité entre ses peuples, la coopération entre ses États et la compétitivité de son économie qu’elle a pu bâtir un espace de paix et de prospérité. L’Union européenne reconnaît pleinement, dans l’ESS, des valeurs qu’elle partage avec le Sénégal et l’Afrique. Booster la compétitivité, investir dans les secteurs d’avenir et créer des emplois décents : c’est au cœur de la vision Sénégal 2050 comme de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne.
À travers Global Gateway, nous investissons dans l’énergie, la connectivité, le numérique, la formation et les infrastructures durables. À titre d’exemple, l’initiative Investing in Young Businesses in Africa a déjà permis à près de 2 500 femmes entrepreneures africaines de bénéficier d’un appui technique et financier ; au total, elle fédère plus de 180 projets représentant jusqu’à 4,7 milliards d’euros d’engagements. Au fond, nos destins sont liés. Quatorze kilomètres seulement séparent nos continents.
Cette proximité géographique dit une vérité plus profonde encore : notre mobilité est liée, notre prospérité est liée, et notre avenir est lié. Tout au long de mes quatre années au Sénégal, j’ai été profondément impressionné par la vitalité, l’esprit d’innovation et la créativité des jeunes, par le leadership de ses femmes entrepreneures et par la mobilisation des organisations de la société civile. De Saint-Louis à Kédougou, de Dakar à Matam, nous avons vu des initiatives émerger, grandir et répondre à des besoins réels. Ce dynamisme est une richesse nationale inestimable.
Notre responsabilité collective est d’aider cet entrepreneuriat à changer d’échelle : en facilitant l’accès au financement, à la formation, aux marchés et aux partenariats. L’Union européenne et ses États membres restent le premier investisseur et le premier partenaire commercial du Sénégal. L’Union européenne reste persuadée que c’est ensemble, dans le respect, l’ambition et le partenariat, que nous pourrons construire cet avenir prospère tant souhaité. Je vous remercie de votre aimable attention. »
CÉRÉMONIE D’OUVERTURE Mme Yolanda DIAZ, Ministre du travail et de l’ESS, vice-présidente du gouvernement espagnol – Espagne VOIR EXTRAIT VIDEO [Texte de l’allocution de Mme Yolanda DIAZ à insérer — contenu en attente de réception] Page réservée
